langoustier de Mauritanie

Avril 2017

Les locaux l‘appellent « le château », Castel Dinn, en celte. Mais pour les voyageurs pressés qui croisent sa silhouette éventrée, il n‘est que CM 23 16 46. Echoué sur « Styvel », la grève de galets, cet ultime témoin de la grande pêche langoustière ravive la mémoire des campagnes que les intrépides menaient dans les eaux du banc d‘Arguin, au large de la Mauritanie.
Posé tels les navires à la surface de l‘océan, le banc d‘Arguin, petit bout du monde balayé par les alizés, écrasé par le soleil, affleure. Sa réputation bien établie chez les marins n‘est plus à faire . C‘est ici qu‘en 1816 la frégate la Méduse se fracasse sur le rocher. C‘est d‘ici que dans une vaine tentative, les naufragés, sur un radeau de fortune, échouent à gagner un havre.
Lancé en 1960 par les chantiers Péron, « Castel Dinnn, travailleur de fortune parmi d‘autres, a imprimé durant quatre décennies son sillage sur ces eaux tourmentées. Depuis 1998, il sommeille dans le cimetière des sans noms. Mais les chalumeaux des ferrailleurs n'en feront pas leur affaire. Le Temps viendra seul à bout de sa coque aux nervures disjointes et de son mat corrodé.